barouler v. intr.
les citations
fam.
1. [Aspect perfectif]
1.1. Emploi intr. Rhône, Loire (Forez), Isère, Drôme, Provence, Languedoc, Ardèche (Annonay, Privas), Haute-Loire (Velay) "tomber en roulant, dévaler précipitamment". Il a manqué son virage et il est allé barouler au fond du ravin (Enq. Annonay, 1996).
1.2. Emploi tr. Hautes-Alpes, Provence "tomber en roulant dans". J’ai barulé les escaliers, sans me faire mal (GermiLucciGap 1985).
1.3. Emploi pronom. Forez, Velay "faire la culbute, rouler".
1. Dimanche, on a été pique-niquer avec ma femme et mes gosses, dans les bois, au-dessus de Montbrison. Y avait un pré en pente pas loin : les gamins ont pas arrêté de se barouler. (MeunierForez 1984, 33.)
2. [Aspect perfectif] Emploi intr. Isère (La Mure, Vourey), Hautes-Alpes, Provence, Languedoc, Ardèche (Privas) fam. "aller de côté et d’autre à l’aventure, sans chemin fixé". Stand. errer, rôder, fam. vadrouiller.
2. Il [un chat] doit barouler quelque part, petite, il reviendra. (Cl. Courchay, Chronique d’un été, 1990, 188.)

remarques. La plupart des emplois de barouler se retrouvent sous le dérivé débarouler*.
variantes. Drôme, Hautes-Alpes, Provence, Languedoc, Ardèche, Haute-Loire (Velay) baruler ou barruler fam.
1) [Correspond à barouler 1] « Je n’aime pas conduire en entendant quelque chose qui barule dans le coffre de la voiture » (MédélicePrivas 1981). « Elle [la matelassière] peaufinait son travail en sondant avec l’aiguille des reliefs lui paraissant suspects. En tâtant en surface de la main et en profondeur, de la pointe de l’aiguille, elle tirait les mèches pour colmater d’éventuels espaces moins bien garnis car, disait-elle : – Après, quand il y a un moment qu’on y dort, y a la femme qui rouspète que le mari lui barrule dessus ; et ça fait des disputes de ménage pour pas grand chose, alors que ça devrait être tout le contraire !… » (G. Ginoux, Gens de la campagne au Mas des Pialons, 1997, 140-141).
2) [Correspond à barouler 2] « Pourquoi il “barulait”, il errait là-bas, une nuit d’hiver, je ne sais pas, mais au matin, quand le père Bertaut l’a trouvé, il était complètement gelé » (Th. Bresson, Le Vent feuillaret. Une enfance ardéchoise, 1980, 204-205) ; « – Qu’est-ce que vous barrulez de par chez nous, monsieur Ramier ? » (P. Sogno, Le Serre aux truffes, 1997 [1993], 206). « […] les petits des voisins qui sont toujours chez l’un ou l’autre à baruler à droite et à gauche, ou à faire des mauvais tours ! » (G. Ginoux, Dernier labour au Mas des Pialons, 1994, 218).
◆◆ commentaire. Attesté dep. 1862 à Lyon (« Les escayers de bois étaient mouillés et pleins de bassouille ; elle glisse et baroule jusqu’au quatrième » L.-É. Blanc, Les Canettes de Jérôme Roquet, dans OnofrioLyon 1864, 55) et dep. 1894 à Grenoble (Offner), barouler est probablement un emprunt au frpr., dans lequel ce type est attesté de façon précoce (FEW 10, 504b, rotella), aux 17e et 18e s. en stéphanois (VeÿStÉtienne) et au 17e s. en dauphinois (FEW 10, 511a, *rotulare). La palatalisation dans baruler est un phénomène fréquent en occitan dans ce mot (v. FEW 10, 505, n. 5) ; elle est attestée en français de Gap dep. 1810 (Rolland) et à Marseille dep. 1926 (« en roulant et barulant dans l’espace, Jarjaille arrive aux portes du Paradis » É. Ramon, Nouvelles histoires marseillaises, Paris, 220). Absent de la lexicographie générale.
◇◇ bibliographie. RollandGap 1810 barruler ; OffnerGrenoble 1894 ; RLiR 42 (1978), 158 (St-Étienne) ; MédélicePrivas 1981 baruler ; TuaillonRézRégion 1983 baruler ; TuaillonVourey 1983 ; GononPoncins 1984 « usuel, tous âges » ; MeunierForez 1984 ; DucMure 1990 ; BlanchetProv 1991 ; CampsLanguedOr 1991 ; LangloisSète 1991 barruller ; CouCévennes 1992 ; VurpasMichelBeauj 1992 ; BlancVilleneuveM 1993 ; FréchetMartVelay 1993 ; FréchetAnnonay 1995 ; GermiChampsaur 1996 ; FréchetDrôme 1997.
△△ enquêtes. EnqDRF 1994-96. Taux de reconnaissance (barouler et bar(r)uler confondus) : Hautes-Alpes, 100 % ; Bouches-du-Rhône, 60 % ; Vaucluse, 65 % ; Var, 50 % ; Alpes-Maritimes, 40 % ; Alpes-de-Haute-Provence, 30 %.