coquelle n. f.
les citations
Indre (Issoudun), Bourgogne, Franche-Comté, Haute-Savoie, Savoie, Ain, Rhône, Loire, Isère, Drôme, Hautes-Alpes (Gap), Pyrénées-Orientales, Haute-Garonne (Toulouse), Lozère, Ardèche, Haute-Loire (Velay), Dordogne, Lot-et-Garonne, Gers, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques, Landes, Gironde "cocotte ou marmite (en fonte) ; poêlon".
1. Lucie apportait des deux mains la coquelle de fonte d’où s’échappait un fumet de champs et de soleil mêlés. (R.-A. Rey, La Passerelle, 1976, 51.)
2. De son côté, le grand-père s’occupait des viandes à rôtir. Aux femmes les subtiles et multiples combinaisons des bouilletures, meurettes, gibelottes, salmis, civets, saupiquets, qui supposent les casseroles, coquelles, cocottes et sauteuses […]. (H. Vincenot, La Billebaude, 1982 [1978], 72.)
3. La soupière fumait, la coquelle laissait passer sous son couvercle le fumet d’un civet de lièvre, et les pommes de terre doraient en grésillant dans la poêle, sur le trépied. (R.-A. Rey, Frosine, 1980, 144.)
4. On fait cuire les poires d’abord dans un p’tit peu d’eau, une coquelle avec une petite goutte d’eau, après on y met les pommes de terre […]. (Témoin, dans BrussonCordon 1982, 246.)
5. – Prends voir* la coquelle, Armandine, on va leur mijoter une soupe de poireaux-pommes de terre. (Ch. Exbrayat, Le Chemin perdu, 1982, 179.)
6. – […] L’odeur de brûlé est si intense que je cours jusqu’à la cuisine pour retirer la coquèle [sic] du feu. (San-Antonio, Pleins Feux sur le tutu, 1984, 130.)
7. […] la daube de bœuf, morceau d’aloyau qu’on fait revenir d’abord dans une coquelle avec l’ail, lard coupé en dés, carottes, bouquet. (Ch. Forot, Odeurs de forêt et fumets de table, 1987, 46.)
8. La tête des poules était en revanche plus coriace : c’était le morceau de choix, que le grand-père ou la grand-mère exhibaient fièrement et presque jalousement de la coquelle de fonte, avec ses yeux morts à moitié clos d’où perlait de la graisse encore chaude. (D. Poncet, Les Pentes fabuleuses, 1999, 115.)
— Par métonymie. Une coquelle bouillante (P. Magnan, La Maison assassinée, 1998 [1984], 148).
9. Et il [un restaurateur parisien] a pris pour chef le jeune Thierry Mejecaze, venu de Rocamadour pour présenter, avec lui, une carte bien sympathique, des coquelles d’escargots aux cèpes au steak de lotte au beurre rouge, du sauté d’agneau aux poivrons doux au filet de bœuf au vieux cahors, de l’agneau des Causses à la crème d’ail à l’escalope de foie gras aux cèpes. (Le Monde Loisirs, 19 avril 1986, 23.)

◆◆ commentaire. Mot de large extension, surtout caractéristique du Centre-Est, du pourtour sud du Massif Central et du Sud-Ouest, que l’aire actuelle de son emploi en français désigne nettement comme un archaïsme. Enregistré dans la lexicographie générale dep. 1750 (Borel, v. TLF), il est déjà stigmatisé à la même époque (ainsi dans SchneiderRézDoubs 1786 : « caquerole […] & non pas […] coquelle »), et les dictionnaires contemporains le donnent comme régional « Centre, Franche-Comté, franco-provençal [sic] » (TLF, puis Rob 1985) ou « dialectal [sic] » (GLLF). Probablement variante de coquemar par changement de suffixe (FEW 2, 1456b, cucuma).
◇◇ bibliographie. SchneiderRézDoubs 1786 ; « un petit [sic] coquelle en fer fonte » doc. Morteau 1811, dans Barbizier. Bull. de Folklore comtois n.s. 17, décembre 1990, 381 ; MonnierDoubs 1859 ; GastonDole 1870 ; BeauquierDoubs 1881 ; PuitspeluPatLyon ; PuitspeluLyon 1894 ; Mâcon 1903-1926 ; PicquenardQuimper 1911 ; CollinetPontarlier 1925 ; BoillotGrCombe 1929 ; ParizotJarez [1930-40] ; MiègeLyon 1937 ; « La coquelle est connue dans tout le Nord du Dauphiné » (Ch.-J. Millon, cr de Miège, FrMod 6, 1938, 81) ; BaronRiveGier 1939 ; DornaLyotGaga 1953 ; GarneretLantenne 1959 ; DuprazSaxel 1975, 107 ; JamotChaponost 1975, 58 ; BichetRougemont 1979 ; DuclouxBordeaux 1980 ; StrakaProbl 1983, 52-53 (carte) ; TuaillonRézRégion 1983 ; GononPoncins 1984 ; MeunierForez 1984 ; DuraffHJura 1986 "petite casserole en terre" « très usuel » ; MartinPellMeyrieu 1987 ; RobezVincenot 1988 « jusqu’à ces dernières années cocotte était inconnu et tout le monde disait coquelle » ; MartinPilat 1989 ; BoisgontierAquit 1991 (coquèle) ; CampsRoussillon 1991 ; DromardDoubs 1991 ; TavBourg 1991 ; ColinParlComt 1992 ; MazaMariac 1992 ; VurpasMichelBeauj 1992 ; BlancVilleneuveM 1993 ; DuchetSFrComt 1993 ; Gorcy MélLanher 1993, 69 ; FréchetAnnonay 1995 ; LaloyIsère 1995 ; RobezMorez 1995 ; SalmonLyon 1995 ; BerthierIssoudun 1996 ; CottetLyon 1996, 38 ; FréchetDrôme 1997 ; ValMontceau 1997 « très usité » ; FréchetMartAin 1998 ; PlaineEpGaga 1998 « encore utilisé » ; MoreuxRToulouse 2000 « régionalisme inconscient » ; SuireBordeaux 2000.
△△ enquêtes. EnqDRF 1994-96. Taux de reconnaissance : Ain, Ardèche, Landes, Haute-Loire (Velay), Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Saône-et-Loire, Yonne, 100 % ; Isère, 75 % ; Côte-d’Or, Drôme, Loire, Nièvre, Pyrénées-Orientales, Rhône, Savoie et Haute Savoie, 50 % ; Gironde, 40 % ; Gers, Lot-et-Garonne, 0 %.