haut adj., adv. et n. m.
les citations
I. chambre* en haut / chambre* haute ; entendre* haut ; grange* haute.
II. N. m. pl. Vosges, Haute-Saône (Vosges méridionales lorraines et comtoises) les hauts "partie montagneuse d’une commune". Synon. région. dessus*. – Les fermes des hauts tombent en ruine (G. Savouret, dans A. Ronsin et al., Vosges, 1987, 130). Les loups se dirigeaient vers les hauts de l’Echenoz (P. Arnoux, Les Loups de la Mal’Côte, 1991, 18).
1. Je revois mes grands-parents venir de leur ferme des « hauts » pour la circonstance… (M. Sauvage, Les Travaux et les jours dans les Vosges saônoises, 1982, 66.)
2. […] quelques cris de grenouilles au bord des étangs ou des marais, quelques coups de fusil à l’époque de la chasse, brisaient, seuls, le grand silence des « Hauts ». (M. Sauvage, Les Travaux et les jours dans les Vosges saônoises, 1982, 130.)
3. Depuis deux semaines, il avait commencé les descentes des affouages depuis les Hauts dominant Blanchemer jusqu’au village. (G. Remy, En cueillant les brimbelles, 1986, 33.)
— Avec jeu de mots.
4. Vendredi 6 Août, Bernadette et Bernard Oudot ouvrent toutes grandes les portes de leur ferme « La Chiquerie », sise 214, Blanzey, à Fougerolles […]. / Ils présenteront une vidéo sur la Vie des Hauts. (Les Affiches de la Haute-Saône, du Territoire de Belfort et du Pays de Montbéliard, 164e année, 30 juillet 1999, n.p.)
— Dans des syntagmes les hauts de + nom de lieu (désignant généralement une commune). Synon. les dessus* de. – Une petite maison accueillante des Hauts de Servance (M. Sauvage, Les Travaux et les jours dans les Vosges saônoises, 1982, 15).
5. C’est une formule que l’on répète encore volontiers aujourd’hui dans les Hauts de Faucogney. (J.-Chr. Demard, Traditions et mystères d’un terroir comtois au xixe siècle, 1981, 233, n. 44.)
6. Comme le nombre de patronymes était très limité dans les « Hauts de Fougerolles » et que les Lemercier, les Chassard, les Grandjean… étaient légion, pour s’y retrouver on ne désignait les habitants que par leur surnom, lui-même transmissible aux enfants ou par le nom du lieu-dit, et évidemment en patois. (Fr. Jamey, Un itinéraire franc-comtois, 1993, 244.)
graphie. Souvent Hauts comme quasi-toponyme (il n’y a qu’une zone de hauts par commune).

◆◆ commentaire. Attesté dep. 1921 (« C’est également d’un usage courant de dire les hauts en parlant de la montagne » BlochVosgesMérFr, 217), cet emploi est caractéristique du français des Vosges méridionales, mais aussi de Suisse romande (dep. 1795, PierrehSuppl). Il se rattache à fr. "colline, tertre" (dep. 1553-Ac 1762), au pl. dep. Saint-Simon (Littré, FEW), qui s’est régionalisé au cours du 20e siècle : « dialect. ou littér. » "région élevée" (GLLF), « régional (Suisse) » "région élevée, hauteurs" (Rob 1985), « vx ou région. (Suisse notamment) » "terrain élevé ; étages supérieurs de la montagne" (TLF).
◇◇ bibliographie. Lengert 1994 ; aj. à FEW 24, 24, 370a, altus.
△△ enquêtes. EnqDRF 1994-96 : Ø.