parole n. f.
les citations
Hautes-Alpes, Provence lever/refuser/retirer la parole à qqn loc. verb. fam.
1. [Le sujet désigne une personne] "refuser de parler à une personne, en signe de réprobation de sa conduite". Synon. région. lever/retirer le bonjour*. – Après ce qu’il m’a dit, je lui ai retiré la parole (BouvierMars 1986). Il m’a levé la parole et ne me touche plus la main* (RoubaudMars 1998, 43).
1. On l’aimait bien, ce couillon*. A l’apéritif, vous pouviez le faire bisquer à plaisir, il ne vous retirait jamais la parole. (Fr. Fernandel, L’Escarboucle, ma Provence, 1982, 59.)
V. encore s.v. bonjour, ex. 1.
— Souvent dans la formule de menace si…, je te lève la parole !
2. Mais maman s’est fâchée :
– Damien, si tu peins ça, je te lève la parole ! (N. Ciravégna, Chichois de la rue des Mauvestis, 1979, 49.)
2. [Le sujet désigne un inanimé abstrait] "empêcher de parler".
3. – Qu’est-ce qu’y a ? […]
– Y a un malheur, y dit.
– Un malheur ?
– Oui, un gros* malheur que* ça me lève la parole. (Th. Monnier, Madame Roman, 1998 [1957], 97.)

◆◆ commentaire. Caractéristiques du français de Provence, ces locutions sont absentes des dictionnaires généraux du français et de FEW 7, 604a-b, parabola ; lever la parole est peut-être un calque de la locution provençale que Dièu me lève lou parla "que Dieu m’enlève la parole !".
◇◇ bibliographie. BouvierMars 1986 ; MartelProv 1988 ; ArmKasMars 1998 ; RoubaudMars 1998, 43.
△△ enquêtes. EnqDRF 1994-96. Taux de reconnaissance : Var, 65 % ; Alpes-de-Haute-Provence, 50 % ; Bouches-du-Rhône, 40 % ; Hautes-Alpes, 25 % ; Vaucluse, 15 % ; Alpes-Maritimes, 0 %.