souper v. intr. ; n. m.
les citations
Nord, Picardie, Normandie, Grand Ouest, Indre-et-Loire (nord-est), Eure-et-Loir, Bourgogne, Champagne, Ardennes, Lorraine, Franche-Comté, Haute-Savoie, Savoie, Ain, Rhône, Loire, Isère, Drôme, Provence, Languedoc, Ardèche, Auvergne, Limousin, Aquitaine
1. V. intr. "prendre le repas du soir, le troisième (et le plus souvent dernier) repas de la journée". Stand. dîner. – Chez nous, on soupe tard (L. Pujol, Le Temps des fleurs, 1989, 46). Chez son frère Jean, où tous devaient souper ce soir-là (M. Exbrayat, Maria de Queyrières, 1990, t. 2, 26).
1. Presque chaque soir, pendant les dix jours que dura sa permission, nous étions invités à aller souper dans les fermes des alentours. (H. Grégoire, Poignée de terre, 1979 [1964], 181.)
2. Il ne fait pas tout à fait nuit. Nous achevons de souper, porte et fenêtre ouvertes sur la rue. (A. Perry-Bouquet, Un petit cheval et une voiture, 1997 [1966], 149.)
3. Mais j’y pense, les gars : ça vous ferait-il plaisir de venir souper un soir dans mon château ? Entre nous seulement, dame* ; sans y mêler les femmes […]. (J. Boutin, Louis Rougé, le braconnier d’Anjou, 1979, 123.)
4. – Dis, j’ai faim, tu veux pas me préparer quelque chose ?… J’ai pas soupé, ce soir… (J. Ferrandez, Nouvelles du pays, 1986, 3.)
5. De Charles Joisten je retiens deux souvenirs de rencontres. L’une à l’occasion du congrès de la S.E.F. (Société d’Ethnographie Française) qui se tint à Besançon du 17 au 19 avril 1980. […] Nous avions soupé un soir dans le café face au séminaire et longuement parlé ensemble […]. (J. Garneret, Contes recueillis en Franche-Comté, 1988, 10.)
6. Un soir, à huit heures, mon père reçut une dépêche. Il ne prit même pas le temps de souper pour attraper le premier train. (J. Guillais, La Berthe, 1990 [1988], 82.)
7. Ils étaient de lointains parents, venus passer le week-end au pays. Ils considéraient sûrement comme de leur devoir de prolonger leur compagnie aux vieux cousins chez qui ils s’étaient invités à souper. (Y. Péan, Malices du terroir, 1991, 54.)
□ En emploi métalinguistique ou autonymique. À Lyon, on « soupe » de bonne heure (P. Salva, Le Diable dans la sacristie, 1982 [1975], 121).
8. Le soir, sa journée terminée, elle [la couturière à domicile] repartait avant la nuit. Elle ne « soupait » pas ; l’hiver elle avalait tout de même une assiettée de soupe chaude pour la [sic] réchauffer et lui [sic] donner des forces pour la longue marche qu’elle avait à faire. (Métiers disparus, 1973, 339.)
9. Chez nous, au lever on prend le café, vers neuf heures on déjeune*, à midi on dîne* et le soir on soupe. (M. Stèque, La Tour de Siagne, 1981, 147-148.)
2.
2.1. N. m. "repas du soir, troisième (et le plus souvent dernier) repas de la journée". Stand. dîner. – L’heure du souper.
10. Rose et René furent heureux d’aller ensemble au marché. Dès qu’il eut fini de manger, René attela la voiture. Ils partirent à une heure, en disant qu’ils seraient rentrés pour le souper. (R. Pichery, Le Parisien. Roman de Haute-Bretagne, 1946, 276.)
11. Au début du siècle, dans nos petites villes, c’était l’habitude, la journée faite, le souper avalé, de se reposer en compagnie de ses voisins, de se retrouver sur le trottoir, de causer, d’apprendre les uns par les autres les nouvelles de la journée […]. (P. Froger, Autrefois… chez nous, 1950, 42.)
12. Leur souper avait été triste. Il avait avalé sa soupe avec peine, repoussé sa portion de sardines grillées. De son côté, Mimine s’était forcée pour manger. Il n’avait pas même voulu toucher au raisin qu’elle lui tendait. Elle en avait réservé une grappe sur une petite assiette. (C. Paysan, L’Empire du taureau, 1974, 239.)
13. Le mois de novembre est le mois des contes. Comme la nuit tombe vite, mon grand-père ramène sa vache au logis avant six heures. Encore une heure pour vaquer aux besognes de la maison éclairée par un feu de souches et l’on allume la lampe à pétrole pour expédier un semblant de souper. Aussitôt après commence la veillée. (P. J. Hélias, Le Cheval d’orgueil, 1975, 79.)
14. Je n’ai pas de répétition de la chorale, le souper sera prêt à sept heures. (P. Salva, Le Diable dans la sacristie, 1982 [1975], 121.)
15. Puis, avant la nuit, il fallait retourner à la ferme du grand-père, pour y retrouver la grand-mère qui avait préparé le souper sur la braise du potager. (M.-Th. Chalon, Une vie comme un jour, 1976, 25.)
16. Quand le temps était à peu près au beau on restait à causer sur le port jusqu’à l’heure du souper. (PichavantDouarnenez 1978, 84.)
17. Seul tout l’après-midi, j’ai donc mangé tout seul, au souper, le reste du poulet préparé pour midi […]. (Cl. Bourgendre, Le Tablier de sapeur, 1979, 19.)
18. Au repas du soir, le souper, en général de la soupe et avec des pommes de terre, de la salade ou du lait caillé. (M. Sauvage, « Les travaux & les jours dans les Vosges Saônoises », Barbizier, Bulletin de liaison de folklore comtois, n° 9, décembre 1980, 251.)
19. Alcide la regarda, inquiet : « Quoi qu’y t’arrive ? » Elle haussa les épaules : « L’ souper, d’hasard [= probablement], qui n’aura pas passé… » (M. et J.-N. Gurgand, L’Histoire de Charles Brunet, 1982, 53.)
20. Cette désertion-là, après celle de l’après-midi, lui aurait valu un châtiment plus terrible que celui qu’il avait reçu au souper. (G. Guicheteau, Les Gens de galerne, 1983, 251.)
21. Il fallait décharger, puis le bétail attendait pour la traite et les soins, avant de passer à table pour le souper. (L. Renoux, Un village alsacien-comtois aux années vingt, 1984, 128.)
22. […] Jules […] rentrait tous les soirs à l’heure du souper [en note : dîner dans le Midi rural]. (S. Pesquiès-Courbier, La Cendre et le feu, 1984, 99.)
23. Dès qu’il vendait un lot de bêtes, ils faisaient leurs comptes, le soir après le souper. (J. Guillais, La Berthe, 1990 [1988], 78.)
24. C’était encore, pour le public des champs revenu en masse sitôt l’ouvrage fait et le souper expédié, pour les commerçants ayant fermé boutique, un feu d’artifice prestigieux, plein de soleils et de fontaines lumineuses. (L. Lebourdais, Les Choses qui se donnent…, 1995, 244.)
□ En emploi métalinguistique ou autonymique. Chaque soir après souper (nous disons souper pour dîner ; dîner* pour déjeuner) (A. Conte, Au village de mon enfance, 1994, 30).
25. Le dîner*, c’était à midi, et le souper, le soir. Pour le repas de midi, on disait aussi le medzourna. Entre ces festivités, on « faisait dix heures »* ou « cinq heures ». Cela aussi il faudrait l’apprendre. (R. Sabatier, Les Noisettes sauvages, 1983 [1974], 28.)
26. Après le dîner du soir (le souper, chez nous…), quelqu’un tout à coup propose : « C’est le 14 juillet, dites… Si on allait voir le feu d’artifice, place de l’Hôtel-de-Ville ? […]. » (M. Bailly, Le Piosou, 1980, 135.)
27. Pendant le dîner – qu’à Saint-Étienne on appelle souper – Lebizot et Cheminas ne se soucièrent guère des femmes. (Ch. Exbrayat, Le Chemin perdu, 1982, 193.)
28. Ludovie avait l’art des soupes. On en mangeait seulement au repas du soir, qu’on avait gardé l’habitude, générale dans le pays, d’appeler le souper, mais les journaliers en avaient aux trois repas. (Ch. Forot, Odeurs de forêt et fumets de table, 1987, 52.)
2.2. Provence gros souper ou Gros Souper n. m. "dîner maigre du soir de Noël".
29. La fête de Noël ou fête calendale – ainsi nommée, selon Mistral, parce que la fête païenne des calendes de janvier fut adoptée par les chrétiens et confondue avec celle de la Nativité du Christ – commence le 24 décembre par le Gros Souper, « lou Gros Soupa », le repas maigre qui précède la messe de minuit. (A. Bouverot-Rothacker, Le Gros Souper en Provence, 1982, 11.)
30. La veille de Noël, on faisait maigre. Nous nous asseyions autour de ce que nous appelions le « gros souper », qui n’était pas un souper de luxe mais au cours duquel on mangeait toujours les mêmes plats : carde [sic, au sing.] en sauce blanche, morue à la tomate… Ces plats ne flattaient guère ma gourmandise. Heureusement, il y avait les treize desserts, treize en souvenir de Jésus et de ses douze disciples. C’étaient des pommes, des poires, des oranges, des mandarines, des noix, des amandes, des noisettes, du raisin sec, du nougat noir et du nougat blanc, des figues sèches, des dattes et une « fougasse »*, sorte de tarte à la confiture faite de pâte très fine, mince et recouverte de croisillons. (S. Prou, Le Dit de Marguerite, 1986, 75-76.)
31. À Noël, je revenais à la maison, juste à temps pour le « gros souper ». J’y attachais beaucoup d’importance, ainsi que mes camarades. La directrice [d’une école de Draguignan], qui venait d’une autre région, et qu’agaçaient nos demandes de partir un peu plus tôt pour ne pas manquer ce dîner d’exception, nous demandait : « Mais enfin, qu’est-ce que c’est que ce gros souper dont on me rebat mes oreilles ? Vous devez vous empiffrer, j’imagine. » Et nous répondions que, oh, non, nous ne nous empiffrions pas, et même que les plats servis n’étaient pas très bons ; mais c’était la tradition, et nous n’aurions voulu pour rien au monde manquer la veille de Noël à la maison. (S. Prou, Le Dit de Marguerite, 1986, 128.)
32. L’accueil se fait dans un mas en pleine Camargue, non loin des Saintes-Maries-de-la-Mer. Les journées seront consacrées à la découverte de la flore, de la faune, au bord de la mer et à l’intérieur d’une étendue qui n’est ni terre ni eau. On cueillera ce qui est nécessaire à la préparation de la crèche provençale, on la réalisera et on apprendra à faire des « oreillettes* », une pâtisserie indispensable sur la table du « gros souper » que l’on prendra en commun le dernier soir, sur la table du mas. (Le Monde sans visa, 14 novembre 1987, 17.)
33. Le 24 décembre, aux deux coups de 19 h 30, dans un mas provençal, « gros souper » de Noël. La table est recouverte de trois nappes blanches et décorée du blé de sainte Barbe pour les sept plats maigres et les treize desserts. (Le Monde sans visa, 2 décembre 1989, 20.)
encyclopédie. V. Jean Ricard, Le Gros Souper à Marseille, Marseille, Bibliothèque des Traditions locales, 1955.

◆◆ commentaire. 1 et 2.1. Archaïsme maintenu dans plusieurs régions de France (et dans de nombreux autres pays francophones). Le recul progressif du dîner (v. ce mot à la nomenclature) vers la fin de l’après-midi et le début de la soirée, à Paris, à partir de la Révolution, reporta le souper en toute fin de soirée et même tard dans la nuit. On reproduit ici un extrait de l’Almanach des Gourmands de 1808, cité dans M. Höfler, Z 84 (1968), 304-5 : « Ce n’est que vers la fin de 1789 que ce régime [dîner 14-15 heures, souper 22 heures] a changé, et que l’on a reculé le dîner jusqu’à quatre, cinq et même six sept heures. Par suite des massacres des 5 et 6 octobre, que plusieurs de ses membres avoient organisés, l’Assemblée, dite Constituante, ayant transféré à Paris le siége de son pouvoir, il fallut régler les repas sur l’heure de ses séances, qui ne finissoient souvent qu’à quatre ou cinq heures. Dès lors le dîner fut considérablement reculé, le souper disparut, et les déjeûners à la fourchette prirent naissance, parmi ceux qui donnoient alors le ton. » En 1871, Littré note que « l’usage du souper tend à disparaître dans les grandes villes », et la marque « autrefois » apparaît pour la première fois dans Lar 1875 ; DG 1900 note « vieilli ». Pourtant, comme l’indique GLLF, « le terme continue à s’employer au sens 1 [repas du soir] sur tout le territoire de la Gaule romane [sic], sauf dans la région parisiennea et dans quelques villes de province ».
En effet, le mot semble jouir d’une vitalité incontestable dans la plus grande partie de la France, en particulier en milieu rural mais aussi dans certaines grandes villes (Nancy, Lyon, Saint-Étienne). Les enquêtes DRF 1994-96 ont révélé des pourcentages de connaissance de 90 à 100 % pour le Nord et la Picardie, la Basse-Normandie, la Haute Bretagne, le Maine, l’Anjou, la Basse Bretagne, la Champagne, les Ardennes, la Bourgogne, la Franche-Comté, Rhône-Alpes, les Alpes Maritimes, le Midi pyrénéen, le Limousin, la Marche, le Périgord, l’Aquitaine, et de près de 70 % pour la Provence. De très nombreux recueils de régionalismes le relèvent : BoillotGrCombe 1929 ; MichelCarcassonne 1949, 11 « l’emploi parisien serait une affectation » ; MarMontceau ca 1950 ; GarneretLantenne 1959 ; A. Pourrat, Traditions d’Auvergne, 1976, 18 [Puy-de-Dôme] ; NouvelAveyr 1978 ; MédélicePrivas 1981 « très utilisé » ; TuaillonRézRégion 1983 (Ardèche, Bordeaux, Provence, Vendée) ; WolfFischerAlsace 1983 (cite Suiter 1920) ; RouffiangeMagny 1983 ; GononPoncins 1984 ; RézeauOuest 1984 ; CanadRom 1, 36 (Br. Horiot sur l’usage lyonnais, v. supra s.v. déjeuner, n. e) ; DuraffHJura 1986 s.v. dîner ; MartinPellMeyrieu 1987 ; MartelProv 1988 ; LepelleyBasseNorm 1989 ; MartinPilat 1989 ; RouffiangeAymé 1989 ; BrasseurNorm 1990 ; LanherLitLorr 1990 ; DucMure 1990 ; RézeauOuest 1990 « le mot tend à disparaître au profit de dîner » ; CartonPouletNord 1991 ; TavBourg 1991 s.v. soupe ; BoisgontierAquit 1991 « d’usage encore très solide » ; TamineArdennes 1992 ; VurpasMichelBeauj 1992 « usuel » ; BoisgontierMidiPyr 1992 ; BlancVilleneuveM 1993 « usuel » ; DuchetSFrComt 1993 ; FréchetMartVelay 1993 « usuel » ; LepelleyNormandie 1993 ; PotteAuvThiers 1993 ; TamineChampagne 1993 ; Certeau et al., L’invention du quotidien, 1994, t. II, 377 « parler populaire de la région lyonnaise » ; MichelNancy 1994 « usuel » ; QuesnelPuy 1994 s.v. dîner ; FréchetAnnonay 1995 « usuel » ; LaloyIsère 1995 ; RobezMorez 1995 « usuel » ; SalmonLyon 1995 ; MazodierAlès 1996 ; FréchetDrôme 1997 « usuel » ; FréchetMartAin 1998 « usuel à partir de 20 ans » ; LengertAmiel ; MichelRoanne 1998 « usuel » ; RoubaudMars 1998, 53 ; SchortzSenneville 1998 ; BlanWalHBret 1999 « vieilli ? » ; LesigneBassignyVôge 1999 ; MoreuxRToulouse 2000 « régionalisme général, y compris chez les informateurs jeunes qui déclarent l’utiliser en alternance avec le mot standard dîner ».
On notera enfin que le mot est tout à fait courant en Belgique (PohlBelg 1950 ; BaetensBruxelles 1971 ; MassionBelg 1987 ; Belg 1994 ; LeboucBelg 1998 ; DelcourtBelg 1999), d’où il est passé au Zaïre et au Rwanda (IFA 1983-1988 « Zaïre » ; JouannetRwanda 1984). La Suisse (Pierreh ; Lengert 1994 ; DSR 1997) et le Val d’Aoste (MartinAost 1984) le connaissent également, ainsi que toutes les variétés de français d’Amérique (DitchyLouisiane 1932 ; MassignonAcad 1962 ; ALEC, q. 180 ; DéribleSPM 1986 ; DFPlus 1988 ; BrassChauvSPM 1990 ; DQA 1992). Le marquage du mot dans la lexicographie générale est largement insuffisant et fait bien peu de cas de la situation dans les régions de France : PR 1977 « vx ou région. » ; GLLF 1977 « vx » ; Rob 1985, NPR 1993-2000 « vx ou régional (Belgique, Canada, Suisse, etc.) » ; PLI dep. 1989 « vx ou région. (Canada, Belgique, Suisse, Zaïre) » ; TLF « vieilli ou région. (notamment Belgique, Canada, Est) » ; Lar 2000 « région. ou Belgique, Québec, Suisse ». – FEW 17, 286b-287a, *suppa 2 ; A. Dauzat, MélHuguet 1940, 59-66 et Vie et Langage 1952, 3-5 ; M. Höfler, Z 84 (1968), 301-8 ; GoosseDîner 1989 ; Å. Grafström, RLiR 55 (1991), 139-140 ; ThibQuébHelv 1996, 341. – 2.2. Première attestation : 1826 (« ce festin, qui se désigne ordinairement sous le nom de gros soupé » Cte de Villeneuve, Statistique des Bouches-du-Rhône, t. 3, 227-8). Calque du provençal gros soupa n. m. "souper de la veille de Noël" (v. Mistral s.v. soupa) ; mais la chronologie des attestations permet aussi d’imaginer une création du français local, reprise par les parlers. Connu « partout en Provence » selon MartelProv 1988. Lexie à aj. à FEW 17, 287a, *suppa 2.
a Mais cet emploi, encore qu’il y soit rural et vieilli, a été relevé dans le français de l’Île-de-France, de l’Orléanais, du Perche et de la Touraine (ALIFOms).
△△ enquêtes. EnqDRF 1994-96. Taux de reconnaissance : Hautes-Alpes, Aquitaine, Ardennes, Bretagne, Bourgogne, Champagne, Dordogne, Franche-Comté, Languedoc occidental, Limousin, Basse-Normandie, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Somme, Savoie, Haute-Savoie, 100 % ; Aisne, 90 % ; Bouches-du-Rhône, 80 % ; Alpes-de-Haute-Provence, Var, Vaucluse, 50 %.